.La tendresse colossale..

.La tendresse colossale..

Je me souviens de ses doigts, oh, ces doigts... Immenses, d'une taille herculéenne, boudinés et encrassés, tels de vieux saucissons dont on aurait oublié l'existence et qui auraient prodigieusement pourri. Ce qui servait de soutien à ces ignobles choses (et je n'ose utiliser l'appellation « bras ») n'était guère dans un était plus raffiné. Ce n'était qu'amoncellement de corpulence, de cellulite, de pustules purulentes qui menaçaient d'éclater à tout instant. Et lorsque je m'aventurais à observer l'état de ses tonneaux, pardon, de ses jambes... je regrettais avec épouvante cette initiative harassante. Je me dois d'avouer que ces barils étaient d'une superficie ineffable, d'autant plus que ceux-ci étaient dans un état apocalyptique. Il n'y avait pas un seul recoin qui n'était pas avili d'un monticule de vergetures et de kystes. Cela va sans dire que cette surface grotesque était galvaudée de poils noirs et de plis adipeux où s'entremêlaient moisissure et sueur empuantie. Son ventre, lui, était semblable à une quintessence d'atrocité. Il n'était constitué que d'opulence et, sous ces amas d'obésité qui faisaient des vagues de graisse lorsqu'elle se lovait confortablement sur le matelas, il était impossible de retrouver ne serait-ce qu'un os saillant qui aurait pu révéler l'humanité de cette anomalie vivante. Toute divinité avait été engloutie par cette éléphantesque et aberrante présence dont l'existence sonnait presque comme une erreur, une bêtise incorrigible. Pourtant, pourtant oui, aussi infect et infâme cela résonnait dans mon esprit, j'étais indubitablement amoureux de cette abomination abjecte.










Quelle horreur que d'aimer.

# Postato mercoledì 30 dicembre 2009 10:45

Modificato mercoledì 30 dicembre 2009 12:00

.Lorsque vous maudissez autrui, vous critiquez automatiquement ce que vous fûtes, êtes, serez, pourriez être ou redoutez d'être. Dans tous les cas, c'est vous-même que vous pointez du doigt. Les autres ne sont qu'un miroir consciencieux. Une glace aux reflets méticuleux !.

.Lorsque vous maudissez autrui, vous critiquez automatiquement ce que vous fûtes, êtes, serez, pourriez être ou redoutez d'être. Dans tous les cas, c'est vous-même que vous pointez du doigt. Les autres ne sont qu'un miroir consciencieux. Une glace aux reflets méticuleux !.

« Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et
de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Q
u'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

Avon
s-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
Je
frissonne de peur quand tu me dis : « Mon ange ! »
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

Ne
me regarde pas ainsi, toi, ma pene !
Toi que j'aime à jamais, ma soeur dlection,
Q
uand me tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition ! »



par Charles Pierre Baudelaire, extrait de Femmes damnées

# Postato sabato 26 dicembre 2009 16:54

Modificato domenica 27 dicembre 2009 10:48

.Embrasez-moi..

.Embrasez-moi..
Vos yeux hasardeux, aimantés à moi, caressèrent les modestes courbes de mes hanches, effleurèrent ma chevelure argentée, épousèrent d'un regard ma bouche sucrée et glissèrent sur le galbe d'un sein, tandis que l'autre réclamait jalousement la même scrupuleuse attention. Mes joues, incendiées par vos iris insidieux d'un bleu pastel, se colorèrent d'un rose flamboyant, contrastant avec la pâleur quasi transparente de mon teint. Rougeâtres et enflées, vos lèvres s'humidifièrent de désir, et vous les lapâtes d'un coup de lèvre d'une sensualité inconsciente. Étourdie par cette extase céleste, je sentis mon corps s'affaisser et vos bras se précipiter doucement pour m'attraper au vol, armé d'une aisance déconcertante. Vous vous emparâtes de moi, toute fluette tel un mouchoir en soie d'une douceur et d'une délicatesse inégalées. Je crus un instant mourir ainsi, puisque cette allégresse qui chambarda mon coeur ne pouvait rimer qu'avec un paradis des plus immaculés. Alors que vous vous apprêtiez à sceller notre amour d'un chaste baiser, une majestueuse dame dotée d'un charme irrationnel vint sèchement. interrompre notre échange. Sa peau, sous les doux rayons du soleil, brillait comme si elle fût recouverte de milliers de diamants. Ses traits, quant à eux, étaient sévères et marqués. Ils irradiaient d'une troublante beauté. Son imposante crinière avait la teinte du vin et scintillait littéralement. Cette femme était mon opposé et je compris alors qu'elle était votre épouse. Me soutirant à sa contemplation, elle s'avança telle une furie vers vous, mon amant, et, tout à coup, vous poignarda violemment, dessinant sur votre poitrine des plaies regorgeant de sang. La surprise me cloua sur place et vint ensuite le chargin qui figea mes membres d'une enveloppe glaciale. Je sentis les battements de mon coeur marteler douloureusement mon buste et, après vous avoir arraché une caresse sanguignolente, elle recula de quelques pas, vous abandonnant, seul et agonisant. Alors que j'étais toujours paralysée par ce cauchemar déchirant, vous murmurâtes dans un souffle presque imperceptible « Pardonnez-moi de n'avoir pu choisir entre l'ange et le démon. » Une larme dégringola sur mon visage. Et vous mourûtes.


... vous, mon adonis. Vous, mon Roméo...

# Postato martedì 22 dicembre 2009 12:54

Modificato domenica 27 dicembre 2009 10:46

.La vie me sourit. Mais, de toute façon, elle a les dents jaunes, cette pétasse..

.La vie me sourit. Mais, de toute façon, elle a les dents jaunes, cette pétasse..
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" There is a pleasure in the pathless woods ;
There is a rapture on the lonely shore ;
T
here is a society, where none intrudes ;
By the deep sea, and the music in its roar ;
I love not man the less, but Nature more.
From these our interviews, in which I steal
From all I may be, or have been before,
To mingle with the Universe, and feel
What I can ne'er express, yet cannot all conceal. "




par Lord George Gordon Byron, dans Childe Harold

# Postato domenica 01 novembre 2009 13:30

Modificato domenica 27 dicembre 2009 10:45

.Vainqueur ayant vingt coeurs..

Princesse étouffe, elle a soif. Soif de régurgiter une marée de remords. Sa vaillance dort. Les regrets sont l'échappatoire des imbéciles, lui susurre-t-on pourtant. Son c½ur est chancelant. Toujours ces vagues de vomi, inondant son âme aux fragments éparpillés. Pillés. Où sont ses piliers ? Disparus par millions. Bouffons. La vie la nique d'un simple coup de baguette magique. Un coup de vent méphistophélique propulse au loin son corps rachitique. Ce n'était qu'une légère brise... Ses os se brisent. Un souffle glacé, le sien, pétrifie l'insidieux comédien, qui, hypothétiquement, la soutient. Il veut la séquestrer, elle le sait, lui et tous, ils ne souhaitent que son isolement. Elle se refuse à cette prison aux murs trop grands. Princesse se ment. Jeune altesse repousse toute allégresse, elle ne veut pas de cette cage aux murs trop blancs. Dégoutants. Et pourtant. Sa carcasse hurle au secours, se retrouvant dans une impasse aux mains de velours. Elle est friande, engloutissant tout de ses yeux en amande. Puis la valse incessante et pourvue d'incandescence augmente sa cadence. Mademoiselle expulse un océan de culpabilité. Princesse est hystérique, déformant violemment son visage angélique. Torpeur viole une Princesse désabusée dans la noirceur. Ahhhhhh...


Princesse suffoque, elle a faim. Princesse est trop gourmande. Se noie dans son palais.

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.Vainqueur ayant vingt coeurs..

# Postato venerdì 23 ottobre 2009 19:30

Modificato mercoledì 30 dicembre 2009 12:07